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Proposition de résolution visant à faire la lumière sur les choix opérés par le ministère de l’Intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations

Jeudi 15 Septembre, les violences policières ont fait leur rentrée. Laurent Theron, syndicaliste SUD Santé-sociaux de 46 ans et secrétaire médical à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a perdu la vision sur son oeil droit, vraisemblablement suite à un tir de grenade de la part des forces de police.

Face à la la généralisation de la répression du mouvement social, j’ai déposé ce jour une proposition de résolution pour créer une commission d’enquête parlementaire visant à faire la lumière sur les choix opérés par le ministère de l’Intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations.

Cette présente proposition répond à la demande de la CGT avec la FSU, Solidaires, SAF, UNEF, FIDL, UNL et la LDH qui ont demandé, le 22 juin 2016, l’ouverture d’une enquête parlementaire sur cette question.

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ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUATORZIÈME LÉGISLATURE

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

visant à faire la lumière sur les choix opérés par le ministère de l’Intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations.

Présentée par :

Jean-Jacques CANDELIER

Député

EXPOSE DES MOTIFS

Depuis son annonce par le gouvernement jusqu’à son adoption par 49-3, le projet de loi travail a suscité une très vive contestation populaire, traduite par des manifestations partout en France.

Inquiets par cette réforme synonyme de régression historique des droits et des protections des salariés, des milliers de manifestants sont descendus régulièrement dans les rues.

A l’initiative de sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, l’UNEF, l’UNL et la FIDL), le mouvement social s’est fortement ancré dans le pays et une nouvelle journée de mobilisation pour l’abrogation de la réforme s’est déroulée le 15 septembre.

Les sondages d’opinions marquent à l’unanimité un soutien majoritaire des Français à la contestation et une condamnation de l’usage du 49-3.

Depuis le début de ce mouvement, plusieurs manifestations ont été le théâtre de violences graves.

Le collectif « Stop violences policières »  a transmis le 19 juillet au Défenseur des droits 104 témoignages, une quarantaine anonymes et 68 manifestants de manière nominative, qui dénoncent ces violences. La plupart sont parisiens, certains viennent de Rennes, Nantes, Lille ou Marseille.

Romain, photographe amateur et venu pacifiquement sur les lieux de la manifestation du 26 mai dernier, a été blessé grièvement à la tête par une grenade à main de désencerclement lancée par un policier. Jean-François, un manifestant âgé de 20 ans, a lui perdu son œil gauche après avoir reçu un projectile lors d’une manifestation à Rennes. Durant la 13e journée d’action, c’est un syndicaliste de 46 ans, secrétaire médical de l’AP-HP (Assistance publique des hôpitaux de Paris) qui a perdu la vision de l’œil droit. La liste n’est malheureusement pas exhaustive.

Au-delà de ces cas particuliers, la question de la généralisation de la répression est posée. C’est en effet une stratégie globale, orchestrée par l’Etat qui se dessine. Le traitement des « bavures » au cas par cas par l’IGPN ne peut demeurer une réponse satisfaisante devant la multiplication des faits alarmants.

De nombreux manifestant-te-s ont en effet été victimes d’une répression brutale et se sont retrouvés délogés, pourchassés, blessés, interpellés par les forces de police alors même qu’ils n’ont commis aucune infraction. Pour ceux-là, le parquet ira parfois jusqu’à requérir des peines ou demande des poursuites alors même que les dossiers sont vides de preuve. Dans certains cas, le simple fait de participer à des manifestations et, à des mobilisations est retenu à charge.

Cette proposition relate également une inquiétude en lien avec la multiplication des actes de violences commis sur des journalistes. 14 clubs de la presse ont dénoncé dans un communiqué commun « des confrères pris à partie dans l’exercice de leurs fonctions […] alors même que leur qualité professionnelle ne faisait aucun doute (brassard et casque « presse », caméra siglée…). »

Si la liberté d’informer est un droit et un pilier de la démocratie, des images de violences gratuites envers les journalistes semblent attester d’une volonté d’imposer une chape de plomb sur la réalité des manifestations.

Alors que les manifestations ont été brutalement réprimées, certains individus responsables de « casse » ont été contenus en tête de cortège sans jamais être neutralisés par les forces de police. Cela pose la question du commandement et des consignes.

Le mouvement contre la loi travail a en effet vu des groupes d’individus facilement reconnaissables, étrangers aux organisations qui appellent à la mobilisation, perturber les manifestations, casser des vitrines et des abribus, s’en prendre aux forces de l’ordre, aux services d’ordres syndicaux et parfois aux manifestants.

Suite à ces exactions, les commentateurs politico-médiatiques et les chaines d’information ont régulièrement passé sous silence les revendications des manifestations au profit des images de violences. Le Ministre de l’Intérieur lui-même, lors de son passage au journal télévisé de 20h sur France 2 le mardi 14 Juin a préféré parler de « hordes de manifestants » en alimentant la confusion.

Les casseurs sont clairement identifiés par les forces de l’ordre. Ils ne font pas partie des manifestants et viennent commettre des violences qui discréditent l’action syndicale.

L’auteur de la présente proposition s’interroge sur la raison pour laquelle des groupes structurés de casseurs identifiés sont laissés libre d’intégrer les cortèges syndicaux. Il se questionne sur le paradoxe suivant : laisser-faire pour les casseurs, répression brutale pour les manifestants.

Le secrétaire Général de la CGT a illustré dans une très juste comparaison, qu’il ne revenait pas à un service d’ordre syndical de neutraliser des casseurs en périphérie d’une manifestation tout comme il ne revenait pas aux supporters de football de neutraliser les hooligans. C’est bien aux forces de l’ordre que cette mission revient dans un état de droit.

Des policiers syndiqués ont dénoncé cette situation où les ordres semblent tarder dans des situations qui exigent pourtant une forte réactivité.

Le syndicat Alliance, majoritaire, s’est ainsi interrogé par la voix de son secrétaire général sur les consignes de non-intervention reçues face aux casseurs et a accusé le gouvernement de vouloir décrédibiliser les mouvements sociaux.

Pour sa part, la CGT-Police rappelle dans ses communications que le véritable rôle de la police nationale est de faire respecter les libertés publiques et surtout la protection des citoyens y compris lors de manifestations.

Enfin, les syndicats de policiers dénoncent également l’utilisation politique de la fatigue des policiers pour justifier les menaces d’interdiction de manifestations.

Lorsqu’il y a des violences, la police doit pouvoir les faire cesser avec mesure et discernement, c’est là sa raison d’être. Néanmoins, des missions mal maitrisées, et des objectifs mal définis engendrent des violences régulières. Dans ce cadre, la responsabilité revient donc aux donneurs d’ordres.

Afin que les Français puissent disposer du droit à la manifestation, dans le calme et la sécurité, il est nécessaire de clarifier les choix opérés par le ministère de l’Intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations en matière de gestion des manifestants d’une part, et de gestion des casseurs d’autre part. Il convient également d’interroger le rôle du ministère public.

Cette présente proposition répond à la demande de la CGT avec la FSU, Solidaires, SAF, UNEF, FIDL, UNL et la LDH qui ont demandé, le 22 juin 2016, l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les choix opérés par le ministère de l’Intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations.

Selon leur communiqué, « Nos libertés ne sont ni négociables, ni ajustables. Nous les voulons pleinement garanties. »

Considérant que le soutien aux forces de l’ordre ne dédouane pas les parlementaires d’une critique de l’usage disproportionné de la force et de la répression tout comme l’état d’urgence n’interdit pas la représentation nationale de poser la question des ordres donnés par le Gouvernement dans le cadre des manifestations, il est proposé que l’assemblée nationale se prononce.

 

PROPOSITION DE RESOLUTION

Article unique

En application des articles 137 et suivants du Règlement, il est créé une commission d’enquête de trente membres visant à faire la lumière sur les choix opérés par le ministère de l’Intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations.

A lire également : mon courrier à Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur sur la répression du mouvement social anti loi travail.

Abrogation de la loi travail

J’étais dans les rues de Valenciennes ce matin, aux côtés des syndicalistes et des manifestants pour réclamer l’abrogation de la loi travail.

Après avoir lutté au parlement contre cette réforme antisociale, le combat continue dans la rue.

Solidarité financière avec les salariés grévistes

Pendant près de cinq mois, de courageux salariés ont fait grève contre la loi travail. Ils se sont battus contre l’inversion de la hiérarchie des normes, contre les possibilités d’aménagement du temps de travail et de majoration des heures supplémentaires au détriment des salariés, contre la fin du principe de faveur ou encore la facilitation du licenciement économique. La liste n’est malheureusement pas exhaustive tant cette loi est néfaste pour les droits des travailleurs.

Selon tous les sondages, l’opposition a cette réforme était et est toujours majoritaire dans le pays. Elle l’était également à l’Assemblée nationale où le Gouvernement est passé en force via le recours au 49-3.

Le 15 septembre, une nouvelle journée d’action et de mobilisation est prévue. La mobilisation populaire peut encore avoir raison de cette loi antisociale. 

Conscient que la grève à un coût, j’ai contribué à financer la caisse de grève nationale lancée par la CGT. J’invite ceux qui le peuvent à le faire également afin de montrer notre soutien au mouvement contre la loi travail.
Au 6 Juillet, la caisse de grève a récolté plus de 540 000 € ce qui montre le formidable soutien populaire à la contestation.

Pour donner en ligne : https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere

caisse de grève loi travail

Loi travail : une bataille qui ne fait que commencer

C’est avec un grand regret que j’ai du constater l’échec du dépôt de la motion de censure citoyenne pour lutter contre la loi travail et la politique du Gouvernement. J’ai néanmoins saisi le Conseil Constitutionnel avec 40 autres députés. La droite ayant décidé également de former des recours, nos requêtes s’additionneront à leurs griefs pour recueillir le seuil des 60 noms. La bataille ne fait donc que commencer et se poursuivra le 15 septembre avec la mobilisation populaire.

Voici le communiqué de mon groupe parlementaire du Front de Gauche.

Échec de la motion de censure Citoyenne
Un manque de courage politique pour empêcher l’adoption de la loi travail

motion censure citoyenne

motion de censure citoyenne

Ce mercredi, le Gouvernement a décidé de recourir à l’article 49-3 pour la troisième fois consécutive et faire ainsi adopter sa loi travail en lecture définitive.
Ce choix, brutal et antidémocratique car privant la représentation nationale de toute discussion dans l’Hémicycle, n’a laissé à nouveau qu’une seule option aux députés réellement opposés à ce texte : l’adoption d’une motion de censure.

En première et en nouvelle lecture, nos tentatives pour réunir les 58 signatures nécessaires au dépôt de cette motion ont échoué. Déplorant cette impasse, nous avons choisi cette fois-ci de porter la motion de censure dite « Citoyenne » élaborée par les « Nuit Debout », en espérant atteindre le seuil de signatures requis.
Ne récoltant que 28 signatures, cette tentative est un nouvel échec : il n’y a donc pas de motion de censure déposée. Nous le regrettons, d’autant plus que cette initiative transpartisane, fondée sur le refus du passage en force et le respect de la démocratie, aurait dû rassembler largement.
Malgré l’adoption de cette loi de casse du code du travail, la mobilisation continue. Nous ne lâcherons rien ! Nous utiliserons tous les moyens institutionnels pour obtenir le retrait de ce texte et nous serons présents aux côtés des salariés le 15 septembre prochain pour la journée d’action interprofessionnelle décidée par l’intersyndicale.

Les signataires :
Laurence Abeille, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Alain Bocquet, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Sergio Coronado, Cécile Duflot, Jacqueline Fraysse, Edith Gueugneau, Christian Hutin, Jean Lassalle, Jean-Luc Laurent, Christophe Léonard, Noël Mamère, Philippe Noguès, Christian Paul, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Paola Zanetti.


Saisine du Conseil Constitutionnel

Pour obtenir le rejet de ce texte de régression sociale, j’ai signé la saisine du Conseil Constitutionnel avec 40 autres député-e-s. Pour être recevable, cette saisine doit être présentée par au moins 60 députés ou 60 sénateurs. La droite ayant décidé également de former des recours, nos requêtes s’additionneront à leurs griefs.

> Pour lire la saisine, cliquez ici : saisine conseil constitutionnel loi travail.


Tribune – Loi travail : la bataille ne fait que commencer.

Ci dessous, la tribune que j’ai signé avec certains collègues parlementaires. Je regrette que les 58 signataires de cette tribune n’aient pas tous eu le courage politique de soutenir la motion de censure citoyenne afin de mettre leurs propos en adéquation avec leurs actes et lutter de manière effective contre la loi travail.


49-3Ce mercredi 20 juillet, la loi Travail a donc été définitivement adoptée avec un nouveau recours au 49-3. Au cœur de l’été, il ne faut pas lâcher, mais continuer à dire pourquoi ce fut le moment le plus insupportable de ce quinquennat pour qui ne se résigne pas à la dégradation des droits des salariés français et au déni de démocratie.

Avec cette loi, le code du Travail sera plus complexe, et moins favorable aux salariés. Cette loi ne modernise pas, elle réduit les protections. Et derrière le motif légitime de favoriser la négociation sociale, en réalité elle fragilise les travailleurs et affaiblit la démocratie dans l’entreprise.

Elle est adoptée sans dialogue et négociations apaisés avec les partenaires sociaux. Sans le soutien des citoyennes et des citoyens, qui continuent très majoritairement à rejeter un texte  aux antipodes des engagements pris par la majorité pour laquelle ils ont voté en 2012. Sans un débat parlementaire à la hauteur des cinquante-deux articles et des nombreux thèmes abordés dans ce projet de loi, visant à terme la réécriture de l’ensemble de la partie législative du Code du Travail. Sans même un vote des députés, sur chaque article ou sur l’ensemble du texte.

Mais bien après plusieurs mois de tensions sociales sans précédents pour un gouvernement issu de la gauche, par le biais d’un recours au 49-3, outil quasi-imparable de verrouillage et de chantage constitutionnel. Et sans plus de quelques heures de débat dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, désormais devenu un théâtre d’ombres.

Jamais nous n’aurions imaginé vivre au cours de ce quinquennat une telle situation, tellement contraire aux valeurs et à l’histoire de la gauche. Elle nourrit la colère du peuple, et donne des arguments à ceux qui s’emploient à dévitaliser la démocratie.

Nous, parlementaires avons à chaque étape décidé de nous mobiliser, pour être à la hauteur de notre responsabilité : celle d’incarner le pouvoir de faire la loi en accord avec le mandat que nous a confié le peuple.

Nous n’avons cessé de dénoncer les dangers de ce texte, en considérant que ses quelques points positifs ne pouvaient servir de prétexte à justifier ses reculs considérables.

Nous avons en permanence recherché et organisé le dialogue, avec toutes les organisations syndicales, sans ostracisme ni stigmatisation ; relayé les propositions et alternatives ; et jusqu’au bout, œuvré à une sortie de crise, pourtant à portée de main.

Enfin, par deux fois, face au passage en force de l’exécutif sur ce texte fondamental, il a été tenté de déposer une motion de censure de gauche, démocrate et écologiste : il était de notre responsabilité de députés de la Nation de ne pas rester sans réaction face à cette situation. Nous le devions à celles et ceux qui pendant des mois se sont mobilisés par millions.

La voie autoritaire, aura permis au Président de la République et au Gouvernement de faire fi de toutes les oppositions, pourtant majoritaires dans le pays, de toutes les mobilisations, qu’elles soient citoyennes, syndicales, parlementaires.

Mais à quel prix ? Au nom de quel idéal, pour servir quel projet de société ? Avec quelles conséquences pour le pays ?

Comment ne pas voir, à l’heure où notre société traverse une crise démocratique majeure, que faire adopter sans vote, par le  49-3 utilisé à deux reprises, un tel projet de loi, concernant la vie quotidienne de millions de nos concitoyens, risque d’accroître ce fossé entre citoyens et gouvernants que nous prétendons tous combattre ?

Comment ne pas comprendre, six mois après des débats délétères sur la déchéance de nationalité, que l’on altère une nouvelle fois la confiance du peuple, en imposant un texte dont les dispositions vont à rebours des positions toujours défendues en matière de droit du Travail ?

Pourquoi faire le choix de diviser un pays pour faire passer à tout prix un texte qui de l’avis même de ses concepteurs n’aura pas d’impact direct sur les créations d’emplois ?

Pourquoi imposer des mesures qui aggraveront les logiques de dumping social entre les entreprises, affaibliront le pouvoir d’achat des salariés à travers les baisses de rémunération des heures supplémentaires, et faciliteront les licenciements économiques, ou même réduiront les missions de la médecine du travail ?

Le Président de la République et le gouvernement devront longtemps faire face à ces questions. Car cette méthode autoritaire n’éteindra jamais le débat de fond. Pire, elle est toujours contre-productive, par les ressentiments qu’elle génère.

Pour notre part, nous ne renonçons pas à porter la voix des citoyens mobilisés pour défendre leurs droits, leurs convictions, leur vision de la société et du monde du travail. Et surtout, nous ne renonçons pas à affirmer d’autres choix. Pour adapter le droit du travail aux défis du 21ème siècle et aux mutations de l’économie, en le rendant plus protecteur pour les salariés, en dressant ainsi une véritable barrière contre le dumping social au sein de l’économie française ; en renforçant le dialogue social, le rôle des organisations syndicales, et la place des salariés dans les organes de décision des entreprises; en renouant avec une démarche de partage juste et choisi du temps de travail, levier d’une lutte efficace contre le chômage; en se donnant tous les moyens de dessiner effectivement les conquêtes sociales de demain, avec au premier rang la sécurité sociale professionnelle.

Un code moderne et vraiment protecteur des salariés est possible. Il doit s’inspirer des leçons de l’Histoire et affronter les mutations du salariat. Nous retrouverons ainsi le chemin des réformes qui marquent utilement leur époque.

On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part.

Laurence Abeille, Brigitte Allain, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Laurent Baumel, Huguette Bello, Jean-Pierre Blazy, Michèle Bonneton, Alain Bocquet, Kheira Bouziane, Isabelle Bruneau, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Nathalie Chabanne, Gaby Charroux, André Chassaigne, Dominique Chauvel, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Marc Dolez, Cécile Duflot, Hervé Feron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Geneviève Gaillard, Yann Galut, Linda Gourjade, Edith Gueugneau, Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Romain Joron, Régis Juanico, Jérôme Lambert, Jean Lassalle, Christophe Léonard, Jean-Luc Laurent, Noël Mamère, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Philippe Noguès, Christian Paul, Michel Pouzol, Patrice Prat, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Thomas Thévenoud, Michel Vergnier, Paola Zanetti

Nouveau passage en force gouvernemental sur la loi travail

Communiqué du 6 Juillet 2016 :

Une majorité de français opposés à la loi travail et aux méthodes gouvernementales et seulement 56 députés pour les soutenir

Le recours à l’article 49-3 par le Gouvernement pour faire adopter sa loi travail en nouvelle lecture, ne laissait qu’une option aux députés opposés à ce texte pour en obtenir le rejet : l’adoption d’une motion de censure.

Prenant acte de l’impossibilité de réunir les 58 signatures nécessaires au dépôt de cette motion, les députés du Front de gauche regrettent que les députés socialistes qui disaient s’opposer au texte ou même à la brutalité gouvernementale n’aient pas saisi ce seul levier institutionnel pour mettre un terme au mépris affiché, par le Gouvernement, envers le peuple et ses représentants.

De fait, sans motion de censure, le texte est aujourd’hui adopté avec la complicité de la droite qui en approuve la philosophie.

Avec les députés du front de gauche, nous utiliserons tous les moyens institutionnels pour obtenir le retrait de ce texte (comme le recours au Conseil constitutionnel) et nous appelons à la poursuite de la mobilisation, sans laquelle rien n’est possible.

Liste des signataires :

Laurence Abeille, Sylviane Alaux, Brigitte Allain, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Laurent Baumel, Huguette Bello, Alain Bocquet, Michèle Bonneton, Jean-Pierre Blazy, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Nathalie Chabanne, Gaby Charroux, André Chassaigne, Dominique Chauvel, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Marc Dolez, Cécile Duflot, Hervé Feron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Geneviève Gaillard, Linda Gourjade, Edith Gueugneau, Benoït Hamon, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Serge Janquin, Romain Joron, Régis Juanico, Jérôme Lambert, Jean Lassalle, Christophe Léonard, Jean-Luc Laurent, Noël Mamère, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Philippe Noguès, Christian Paul, Michel Pouzol, Patrice Prat, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumégas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Thomas Thévenoud, Paola Zanetti


Communiqué du 5 Juillet 2016 :

Manuel Valls vient d’annoncer un nouveau recours à l’article 49-3 de la constitution et confirme le passage en force sur la loi travail.

Malgré un rejet massif et durable de cette réforme rétrograde par la population, le Gouvernement s’enferme dans l’obstination, le déni et la violence.

Dès maintenant, nous nous mettons au travail pour constituer une motion de censure de Gauche afin d’en finir avec ce pouvoir autoritaire et antisocial.

Ce sera la seule solution pour lutter contre la loi travail car la droite a annoncé qu’elle ne déposerait pas de motion de censure, confirmant son consentement tacite à cette réforme qu’elle aurait rêvé d’écrire.

49_3

Interdiction de manifester : une dérive autoritaire inacceptable

Interdiction de manifester

Réaction du député Jean-Jacques Candelier

CGT
Le préfet de police de Paris a annoncé ce matin dans un communiqué l’interdiction de la manifestation de jeudi à Paris contre la loi Travail.

Selon lui, les trajets alternatifs des syndicats ne permettent pas « de répondre à la nécessaire sécurité des personnes et des biens, ni aux exigences de mobilisation maximale des forces de police et des forces mobiles contre la menace terroriste. »

L’amalgame terroristes-casseurs-manifestants orchestré par le pouvoir vient de dévoiler son but : interdire à la rue de manifester et briser la résistance à la loi El Khomri

Je déplore cette démagogie permanente et cette grave décision qui est une atteinte à la liberté de manifester inédite depuis plus d’un demi siècle. Rappelons-nous du 8 février 1962, manifestation interdite par le préfet de police de l’époque Maurice Papon et qui avait été réprimée dans le sang, amenant la mort de 8 manifestants.

Celles et ceux qui résistent depuis des mois, malgré la répression, ne se laisseront pas tromper : interdire la résistance, c’est une abdication du gouvernement devant l’ordre libéral, celui qui est commandé depuis l’Union européenne.

L’exercice du pouvoir est devenu purement anti-démocratique, avec la volonté du Gouvernement de museler la voix du Peuple et des travailleurs.

Ce quinquennat va décidément de renoncement en renoncement.

Plus que jamais, il faut se soulever ensemble contre cette loi El Khomri et contre la dérive autoritaire du pouvoir.  


Mise à jour :

Selon la conférence de presse de l’intersyndicale, le Gouvernement fait marche arrière et accorde aux organisations syndicales le droit de manifester, sur un trajet imposé par le Ministre de l’Intérieur.

Ce trajet, de moins de 2 km est indécent. Il propose aux manifestants de tourner en rond. Il risque également de mettre les participants en danger en regroupant tout le monde au même endroit. Ce revirement de situation montre la fébrilité et l’improvisation du Gouvernement qui se déjuge en quelques heures.

Trajet manifestation


Répression du mouvement social : attendons nous d’avoir un mort ?

Alors que la presse est unanime pour dénoncer les violences des casseurs, elle passe sous silence les violences commises par les forces de l’ordre lors des manifestations. Cette répression provoque pourtant de nombreux blessés, parfois graves.

J’ai donc écrit au Ministre de l’Intérieur pour dénoncer la stratégie du pourrissement.

Si je condamne fermement les violences d’une minorité de personnes qui n’ont rien à voir avec les milliers de manifestants, je me demande pourquoi rien n’est fait pour intercepter ces fauteurs de troubles en amont des manifestations.

Le gouvernement se vante de régler le problème des holligans « en une heure » mais laisse les casseurs rejoindre les lieux des manifestations depuis plusieurs mois.

A qui profite donc le crime ?

Cazeneuve Repression