Sécurité routière : j’interroge le gouvernement

J’ai récemment posé deux questions écrites au Gouvernement sur la sécurité routière. Si j’ai pleinement conscience des enjeux de sécurisation des routes et de la nécessité faire cohabiter piétons, vélos et voitures, je pense que la répression des automobilistes ne peut être la seule et unique solution.

radarsLa première concerne la politique du Gouvernement concernant l’usage des radars et la volonté affichée d’externaliser le pilotage des voitures équipées de radars embarqués. La généralisation des radars invisibles et l’externalisation des contrôles ne semblent pas répondre à l’enjeu de sécuriser les routes. Cette mesure risque également de voir les sociétés privées s’engager dans une course au chiffre pour conserver leurs marchés. Si la sécurité des usagers de la route est une priorité qu’il ne faut en aucun cas négliger, il faut en effet constater les limites des radars en matière de lutte contre la mortalité routière. Selon les chiffres de la ligue des conducteurs, la baisse de la mortalité routière était même plus importante avant l’implantation des premiers radars, avec une diminution de 346 morts par an en moyenne de 1991 à 2003, contre 222 en moyenne de 2003 à 2015. Je demande au Ministre quelles réponses il compte apporter dans ce domaine afin de ne pas pénaliser les conducteurs, y compris les nombreux professionnels travaillant au quotidien au volant de leur véhicule.

Texte de la réponse

Le Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) du 2 octobre 2015 a proposé d’augmenter l’utilisation des radars mobiles dans des véhicules banalisés, et de confier cette mission à des prestataires privés. Ce nouveau dispositif doit inciter les conducteurs à respecter les limitations de vitesse, non pas seulement à l’approche d’un radar, mais de manière plus continue, dans le but de réduire la vitesse moyenne de circulation et corrélativement, le nombre de morts sur les routes. Il ne repose pas sur une multiplication des radars et des contrôles, mais sur l’intégration par les conducteurs de la possibilité d’être soumis à un contrôle sur une portion plus large du territoire, et non pas seulement sur des points précis, rapidement intégrés aux habitudes de conduite. C’est en effet l’incertitude du lieu du contrôle, et non la réalisation effective de ce contrôle qui constitue la pierre angulaire du dispositif. À ce titre, il est essentiellement préventif. Les contrôles seront effectués selon une stratégie préétablie par les préfets de département et les forces de l’ordre. Ils porteront sur des axes ciblés en raison de leur accidentologie, pour lesquels il aura été identifié qu’un abaissement de la vitesse de circulation permettrait de réduire le nombre de morts et de blessés graves. Les voitures radars seront largement utilisées sur des itinéraires signalés aux conducteurs par des panneaux. Ces derniers seront installés à l’entrée de l’itinéraire, et tout au long du parcours afin que les conducteurs aient parfaitement conscience de la possibilité accrue d’un contrôle par une voiture radar. En outre, pour plus de clarté, des panonceaux préciseront le nombre de kilomètres sur lequel les contrôles sont effectués. Le cahier des charges fixera aux prestataires privés des obligations rigoureuses de durée, régularité et conformité d’utilisation des voitures radars, mais ne leur donnera pas pour objectif de collecter un nombre minimum de messages d’infraction. En effet, en aucun cas les entreprises ne connaîtront le nombre d’infractions relevées par leurs voitures radars. Leur rémunération sera donc totalement indépendante de cet élément. Par ailleurs, les entreprises feront l’objet d’un contrôle strict de l’Etat. Enfin, les conducteurs des voitures radars n’auront en aucun cas accès au dispositif de contrôle.


La seconde question concerne les difficultés liés à la décision du Ministre de l’Intérieur de requalifier stationnementle stationnement de voiture sur le trottoir de « gênant » en « très gênant » ce qui a provoqué une hausse exponentielle de l’amende : de 35 à 135 euros. Conscient de la nécessité de défendre les intérêts des piétons, notamment dans les centres villes, je lui demande néanmoins de considérer les contraintes financières et logistiques pesant sur les communes pour la création de parkings. Sans solution alternative pour permettre aux habitants de se garer à proximité de leur lieu d’habitation, le prix de l’amende paraît peu dissuasif et pèse comme une charge extrêmement lourde pour les personnes verbalisées. Face à la colère de nombreux Français, je demande au Ministre s’il compte requalifier cette décision et envisager d’autres solutions moins répressives pour permettre la cohabitation entre piétons et automobilistes.


> Le lien de la première question : Cliquez ici

> Le lien de la seconde : Cliquez ici

Publicités

Une réflexion au sujet de « Sécurité routière : j’interroge le gouvernement »

  1. cordonnier

    je te remercie pour ton intervention sur les radars et tes interventions sur les autres sujets.
    réflextion sur la retenue de l’impot a la base,que prévoit la loi si l’employeur fait faillite,ou ne transmet pas les paiements merci cordialement DANIEL CORDONNIER SIN LE NOBLE.

    J'aime

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s